Camille Aubertin, journaliste spécialisée en éducation internationale, s’entretient avec Nathalie Groslambert, conseillère d’orientation à Lyon ayant 16 ans d’expérience. Elle est reconnue pour son expertise dans l’accompagnement des étudiants ukrainiens et d’Europe de l’Est souhaitant poursuivre leurs études en France. Dans cet entretien, Nathalie partage des conseils pratiques, démystifie les processus administratifs et offre un aperçu des ressources disponibles pour les étudiants en 2026.
Présentation de l’experte et de son expérience avec les étudiants ukrainiens
Camille Aubertin : Pour commencer, pourriez-vous vous présenter et nous parler de votre expérience avec les étudiants ukrainiens ?
Nathalie Groslambert : Bien sûr, Camille. Je suis conseillère d’orientation depuis 16 ans, basée à Lyon. Je me suis spécialisée dans l’accompagnement des étudiants internationaux, en particulier ceux venant d’Ukraine et d’Europe de l’Est. Concrètement, mon rôle consiste à les guider à travers les démarches administratives, les aider à comprendre la reconnaissance des diplômes ukrainiens et équivalences professionnelles, et les conseiller sur le choix de filière. J’ai vu une hausse significative du nombre d’étudiants ukrainiens ces dernières années, surtout depuis 2024, où les demandes ont augmenté de 20 %. Un des défis majeurs reste l’adaptation au système éducatif français, qui diffère notablement du système scolaire ukrainien comparé au système français. Par exemple, le passage d’un système éducatif très théorique à un autre qui valorise davantage la pratique et la participation active peut être déroutant pour certains.
L’un des succès notables a été l’intégration d’une étudiante, Yulia, qui après une année de préparation linguistique intensive a réussi à intégrer un master en biotechnologies à l’Université de Lyon. Son parcours reflète bien les défis et les réussites possibles pour les étudiants ukrainiens. En outre, elle a bénéficié d’un mentorat qui l’a aidée à naviguer dans les complexités administratives françaises, renforçant ainsi ses chances de réussite.
Le rôle de Campus France dans les équivalences universitaires
Camille Aubertin : Quel est le rôle de Campus France dans le processus d’équivalence universitaire pour ces étudiants ?
Nathalie Groslambert : Campus France joue un rôle crucial. Ils sont responsables de l’évaluation des dossiers académiques et de l’attribution des équivalences. Cela signifie qu’ils vérifient la compatibilité des diplômes ukrainiens avec le système français. Par exemple, un étudiant avec un diplôme de licence en Ukraine peut se voir attribuer une équivalence de L3 ou M1 en France. Cependant, c’est le piège classique de penser que cela suffit pour s’inscrire ; il faut aussi passer par la plateforme Parcoursup. En 2025, Campus France a traité plus de 10 000 dossiers d’étudiants ukrainiens, ce qui représente une augmentation significative par rapport aux années précédentes. Cela montre à quel point le processus est devenu crucial pour ces étudiants. De plus, avec les changements récents dans le système universitaire français, il est devenu impératif de suivre de près les mises à jour de Campus France pour éviter toute mauvaise surprise.
En outre, il est essentiel de comprendre que Campus France ne se contente pas d’évaluer les diplômes. Ils organisent aussi des salons et des journées d’information pour aider les étudiants à naviguer dans le système universitaire français. Par exemple, en 2025, j’ai participé à un de ces salons à Paris où plus de 500 étudiants ont pu poser des questions directement à des représentants d’universités françaises. Ces événements sont des opportunités précieuses pour se familiariser avec les attentes académiques en France.
À retenir : L’équivalence Campus France ne dispense jamais de l’inscription sur Parcoursup — les deux démarches sont complémentaires, pas alternatives.
Parcoursup et les voies d’admission pour étudiants internationaux
Camille Aubertin : Pouvez-vous expliquer comment fonctionne Parcoursup pour les étudiants internationaux ?
Nathalie Groslambert : Parcoursup est la plateforme nationale pour l’admission dans l’enseignement supérieur en France. Les étudiants internationaux doivent soumettre leur dossier via cette plateforme. Il s’agit d’une étape incontournable, même après avoir obtenu une équivalence via Campus France. Les étudiants doivent bien choisir leurs vœux en fonction de leurs aspirations et de leur parcours académique. En 2025, 15 % des étudiants ukrainiens ont obtenu leur première option via Parcoursup, ce qui montre une bonne préparation en amont. Le processus peut sembler complexe à première vue, mais avec une bonne planification et des conseils avisés, il est tout à fait gérable. Je recommande fortement de consulter des ressources en ligne ou de parler à des anciens étudiants pour se familiariser avec le fonctionnement de Parcoursup. Il est aussi utile de comprendre que certaines filières ont des quotas limités pour les étudiants internationaux, ce qui peut influencer le choix des vœux.
Un cas particulier est celui de Taras, un étudiant en ingénierie qui, grâce à ses excellents résultats et à une lettre de motivation bien rédigée, a pu intégrer une prestigieuse école d’ingénieurs à son premier essai. Cela démontre l’importance d’une préparation minutieuse et d’une connaissance approfondie des attentes des institutions françaises. En outre, il a su tirer parti des conseils de ses pairs pour affiner ses choix de vœux, maximisant ainsi ses chances d’admission.
Le niveau de français requis et comment l’atteindre rapidement
Camille Aubertin : Quel niveau de français est requis pour les étudiants ukrainiens, et comment peuvent-ils l’atteindre rapidement ?
Nathalie Groslambert : Généralement, un niveau B2 est demandé, certifié par des tests comme le DELF, DALF ou TCF. Pour atteindre ce niveau rapidement, je recommande des cours intensifs, disponibles dans de nombreuses alliances françaises. De plus, s’immerger dans la culture locale, par exemple en découvrant la culture française à travers le cinéma et les traditions, peut accélérer l’apprentissage. En 2026, certains étudiants parviennent à atteindre le niveau requis en seulement six mois grâce à ces méthodes. Il existe également des plateformes en ligne et des applications pour apprendre l’ukrainien en France, cours et ressources, qui peuvent aider à maintenir un bon niveau de communication bilingue tout en améliorant le français. L’immersion linguistique, par exemple en vivant chez l’habitant ou en participant à des tandems linguistiques, est aussi une excellente façon de progresser.
Un exemple marquant est celui d’Ivan qui, grâce à des cours intensifs et à sa passion pour le cinéma français, a réussi à atteindre le niveau C1 en moins d’un an. Cette maîtrise accrue du français lui a permis de décrocher un stage dans une entreprise française, renforçant ainsi ses compétences professionnelles et linguistiques. En outre, il a participé activement à des clubs de conversation qui ont significativement enrichi son vocabulaire et sa compréhension orale.
| Certification | Niveau visé | Format |
|---|---|---|
| DELF B2 | Accès à la majorité des licences | Écrit + oral, épreuves officielles |
| DALF C1 | Filières sélectives et masters exigeants | Écrit + oral, niveau avancé |
| TCF | Alternative reconnue par de nombreuses universités | Test standardisé, résultat rapide |
Voici les principales options pour progresser rapidement en français :
- Cours intensifs en alliance française (15 à 20 heures par semaine)
- Tandems linguistiques avec des étudiants français
- Immersion chez l’habitant ou en colocation francophone
- Préparation ciblée au DELF/DALF avec annales et simulations d’oral
- Clubs de conversation et associations étudiantes multiculturelles
Validation des crédits ECTS et des années déjà étudiées en Ukraine
Camille Aubertin : Comment se passe la validation des crédits ECTS pour les étudiants qui ont déjà étudié en Ukraine ?
Nathalie Groslambert : La validation des crédits ECTS est un aspect technique mais crucial. Les universités françaises évaluent les cours suivis en Ukraine et attribuent des crédits ECTS en conséquence. Par exemple, un semestre complet en Ukraine peut être reconnu comme 30 crédits ECTS ici. Cependant, les étudiants doivent fournir des descriptifs de cours détaillés, souvent traduits en français. C’est dans les faits une étape qui demande rigueur et anticipation. Une erreur commune est de ne pas fournir des traductions officielles, ce qui peut retarder le processus. En 2025, environ 40 % des dossiers ont été retardés pour cette raison. De plus, il est important de noter que certaines universités peuvent avoir des critères spécifiques concernant la reconnaissance des crédits, ce qui nécessite parfois de compléter des modules supplémentaires en France.
Pour illustrer, Sofia, une étudiante en sciences politiques, a dû compléter deux modules supplémentaires pour aligner ses études avec le programme français, ce qui lui a permis de valider son Master avec succès. Elle a également bénéficié d’un programme de tutorat qui a facilité son intégration académique et l’a aidée à naviguer dans les exigences des universités françaises.
Erreur fréquente : Ne pas faire traduire officiellement les descriptifs de cours ukrainiens. En 2025, environ 40 % des dossiers ECTS ont été retardés pour ce seul motif.

| Situation | Crédits ECTS généralement reconnus | Pièce à fournir |
|---|---|---|
| Semestre complet validé en Ukraine | Jusqu’à 30 ECTS | Relevé de notes traduit + descriptif de cours |
| Année incomplète ou interrompue | Reconnaissance partielle, au cas par cas | Attestation d’assiduité + programme détaillé |
| Diplôme de licence ukrainienne complet | Équivalence L3 possible | Diplôme original + traduction assermentée |
| Master partiellement suivi en Ukraine | Modules complémentaires souvent exigés | Relevé + lettre de la commission pédagogique |
Bourses et aides financières spécifiques aux étudiants ukrainiens
Camille Aubertin : Quelles bourses ou aides financières sont spécifiquement disponibles pour les étudiants ukrainiens ?
Nathalie Groslambert : Il existe plusieurs options. Les bourses Eiffel, par exemple, sont ouvertes aux talents internationaux. De plus, certaines régions françaises offrent des aides spécifiques pour les étudiants venant de pays ayant des accords particuliers avec la France, comme l’Ukraine. En 2025, 35 % des étudiants ukrainiens ont bénéficié d’une forme d’aide financière. Je recommande de consulter régulièrement les sites des universités pour les opportunités de bourses. Il est également possible de trouver des bourses offertes par des organisations internationales qui soutiennent l’éducation dans les pays en développement. Les étudiants doivent aussi être attentifs aux bourses privées, souvent méconnues, mais qui peuvent offrir un soutien financier substantiel.
Un exemple concret est celui de Dmytro, qui a obtenu une bourse d’une fondation privée française, couvrant intégralement ses frais de scolarité pour trois ans. Ces aides sont des ressources précieuses pour alléger le fardeau financier des études à l’étranger. En outre, Dmytro a pu bénéficier d’un réseau d’anciens bénéficiaires de la bourse qui l’ont guidé tout au long de ses études en France.
Les principales sources de financement à explorer :
- Bourses CROUS sur critères sociaux
- Bourses Eiffel pour les profils à fort potentiel
- Aides régionales spécifiques aux étudiants ukrainiens déplacés
- Exonérations de frais universitaires accordées au cas par cas
- Bourses privées de fondations françaises et européennes
Choisir sa filière : conseils selon le profil académique
Camille Aubertin : Quels conseils donneriez-vous pour choisir sa filière d’études en France ?
Nathalie Groslambert : Choisir sa filière doit se faire en fonction des intérêts académiques et des perspectives professionnelles. Je vais vous donner un exemple : un étudiant passionné par l’informatique pourrait viser une école d’ingénieurs avec une spécialisation en sécurité informatique, un domaine en pleine croissance en France. Il est essentiel de bien connaître le système scolaire ukrainien comparé au système français pour adapter ses choix. En général, les étudiants doivent rechercher les tendances du marché du travail et choisir des programmes qui offrent des stages ou des opportunités de réseautage. Le choix de la filière doit également tenir compte des compétences linguistiques, car certains programmes exigent un niveau élevé de français ou d’anglais.
Par exemple, Lyudmila, qui après avoir étudié les sciences de l’environnement en Ukraine, a choisi un master en gestion de l’eau en France, un secteur qui propose de nombreuses opportunités d’emploi en Europe. Son choix éclairé a permis une transition fluide vers le marché du travail français. En outre, elle a pu bénéficier de conseils de professionnels du secteur lors de conférences et de séminaires, ce qui a enrichi sa formation et ses perspectives d’emploi.

Les pièges administratifs les plus fréquents
Camille Aubertin : Quels sont les pièges administratifs les plus fréquents auxquels les étudiants doivent faire attention ?
Nathalie Groslambert : Les pièges administratifs sont nombreux. Par exemple, ne pas respecter les délais de soumission des dossiers est une erreur classique qui peut compromettre une candidature. De plus, la non-compréhension des exigences en matière de visa peut poser problème. En 2024, 10 % des étudiants ont signalé des retards liés à des erreurs administratives. Pour éviter cela, il est crucial de vérifier régulièrement les dates limites et de s’assurer que tous les documents sont complets et correctement traduits. Il est également utile de consulter des conseillers ou des services d’orientation pour des conseils personnalisés. Les étudiants doivent aussi garder à l’esprit que chaque université peut avoir des exigences spécifiques en matière de documentation, ce qui nécessite une attention particulière lors de la préparation des dossiers.
Un exemple de piège évité est celui de Maksym, qui a failli rater sa rentrée universitaire en raison d’un visa expiré. Grâce à une intervention rapide et à l’aide d’un conseiller, il a pu prolonger son séjour à temps. Par ailleurs, Maksym a appris à gérer les démarches administratives via des ateliers proposés par l’université, ce qui lui a permis d’éviter d’autres erreurs à l’avenir.
Conseil : Notez la date de fin de validité de votre titre de séjour dès la rentrée et anticipez le renouvellement au moins deux mois avant l’échéance sur la plateforme ANEF.
Témoignages d’étudiants ukrainiens ayant réussi leur intégration
Camille Aubertin : Avez-vous des témoignages d’étudiants ukrainiens qui ont réussi leur intégration en France ?
Nathalie Groslambert : Absolument. Je pense à Olena, une étudiante qui a intégré une école de commerce à Paris. Elle a partagé son expérience sur le blog une jeune étudiante ukrainienne raconte la France. Olena a réussi à s’intégrer grâce à sa participation active dans des associations étudiantes et en suivant des cours de langue. Sa détermination est un bel exemple de réussite. En 2025, Olena a même organisé un événement culturel pour faire découvrir la cuisine ukrainienne à ses camarades, ce qui a renforcé les liens interculturels et l’a aidée à se sentir chez elle. Ces initiatives montrent que l’intégration passe aussi par la création de liens avec la communauté locale et la valorisation de sa propre culture.
Un autre exemple inspirant est celui de Viktor, qui a rejoint une équipe sportive universitaire, ce qui lui a permis de tisser des amitiés et d’améliorer son français à travers des activités extra-académiques. Viktor a également participé à un programme d’échanges culturels qui lui a donné une meilleure compréhension des coutumes françaises.
5 questions rapides — vrai/faux :
Camille Aubertin : Un bac ukrainien permet-il d’accéder directement à l’université française ?
Nathalie Groslambert : Vrai, mais il faut passer par une procédure d’équivalence via Campus France.
Camille Aubertin : Faut-il passer par Campus France même en étant déjà en France ?
Nathalie Groslambert : Cela dépend. Les étudiants avec un titre de séjour familial peuvent avoir d’autres options.
Camille Aubertin : La maîtrise du français est-elle obligatoire pour tous les cursus ?
Nathalie Groslambert : Faux, certains programmes sont en anglais, mais le français est souvent un plus.
Camille Aubertin : Les étudiants ukrainiens bénéficient-ils d’un accueil particulier en France ?
Nathalie Groslambert : Vrai, plusieurs universités ont des programmes spécifiques pour faciliter leur intégration.
Camille Aubertin : Peut-on faire reconnaître des expériences professionnelles passées en Ukraine en France ?
Nathalie Groslambert : Vrai, grâce à des procédures de validation des acquis.
Checklist complète avant de candidater
Camille Aubertin : Vos conseils finaux pour les étudiants ukrainiens envisageant d’étudier en France ?
Nathalie Groslambert :
- Planifiez bien à l’avance : Commencez les démarches au moins un an avant la rentrée souhaitée.
- Améliorez votre français : Même pour des cursus en anglais, le français est un atout pour l’intégration.
- Renseignez-vous sur les aides financières : Explorez toutes les options de bourses et d’aides disponibles.
- Immergez-vous dans la culture : Participez à des activités locales pour faciliter votre intégration.
- Soyez proactif : Recherchez activement des réseaux et des mentors pour vous guider.
Checklist finale : dossier Campus France validé, vœux Parcoursup confirmés, niveau de français certifié (B2 minimum), relevés ECTS traduits, dossier de bourse déposé, titre de séjour à jour, logement sécurisé avant la rentrée.
En conclusion, poursuivre ses études en France est un projet ambitieux mais accessible pour les étudiants ukrainiens, grâce à une bonne préparation et à l’accompagnement de professionnels comme Nathalie Groslambert. Nouer des liens avec d’autres jeunes francophones d’origine slave installés en Amérique du Nord, qui ont vécu un parcours d’intégration comparable, peut aussi enrichir cette expérience universitaire par le partage de vécus similaires.
FAQ — Questions fréquentes
Un bac ukrainien permet-il d’accéder directement à l’université française ?
Oui, sous réserve d’une procédure d’équivalence via Campus France et, selon les cas, d’un dossier Parcoursup ou d’une admission directe en licence, avec parfois un test de niveau de français (DELF/DALF) exigé.
Faut-il passer par Campus France même en étant déjà en France ?
Cela dépend du statut : les étudiants déjà résidents en France via un titre de séjour familial peuvent parfois candidater directement, mais Campus France reste recommandé pour la validation des équivalences.
Quel niveau de français est exigé pour intégrer l’université ?
Généralement un niveau B2 minimum est demandé, certifié par un DELF, DALF ou TCF, bien que certaines filières scientifiques ou écoles proposent des parcours avec mise à niveau linguistique intégrée.
Existe-t-il des bourses spécifiques pour étudiants ukrainiens en France ?
Oui, certaines universités et régions proposent des bourses d’urgence ou des exonérations de frais pour les étudiants ukrainiens déplacés, en complément des bourses CROUS classiques sur critères sociaux.
Comment se déroule la validation des crédits déjà obtenus en Ukraine ?
Elle passe par une commission pédagogique de l’établissement d’accueil qui étudie le relevé de notes et le programme suivi, avec parfois une perte partielle de crédits selon la compatibilité des cursus.